Privée de ta raison d’être 
Dilapides l’encre noire sur ces pages blanches 
Le sol, toujours, le sol froid. 

Dans sa tête – le vide
Dans son cœur – la perte
Dans ses mains – l’échec. 

Rien, plus rien
Seulement toi, devant ces centaines de feuilles 
Les yeux brûlants de désespoir. 

Le souffle qu’elle ne retrouve plus 
Les nuits qu’elle ne fait plus 
La force qu’elle n’a plus.

T’arracher la poitrine 
Pour arrêter l’hémorragie 
Consciente de ta propre chute. 

La mort latente 
Agonise sur le papier fin 
Les ongles plantés dans la chair. 

L’effroi
Elle s’efforce de trouver les mots 
Sans relâche, elle s’acharne.

Ces mots qui t’échappent 
Ces mots que tu ne trouves plus 
Ces mots qui n’ont ni sens ni vie. 

Les marques sur son corps 
Démangeaisons 
Le sang qui perle. 

Seulement toi et les schémas répétés
Toi et ta réalité funèbre 
Rompue à la mie du pain rassis. 

La peau qu’elle aimerait écharper
Le corps qu’elle aimerait quitter
Le visage qu’elle aimerait cisailler.

Gratter, griffer, abîmer
Détruire, découper, arracher
Tes ailes ont brûlé.

Ses carnets raturés par exaspération
Des papiers déchirés par irritabilité
Ses archives détestées et tant aimées.

Tu pries, les mains jointes
Honteusement, tu te terres, te retournes dans la nuit
Tritures les moindres recoins de cet esprit.

La communication perdue
Il lui faudra délaisser ses propres rouages
Mais y retourner voudrait dire : continuer de mourir.

Face à l’idée insupportable d’une misère continuelle
Une partie de ta vie s’imprime au travers de ces lignes
Alors, la négativité ne peut s’empêcher d’aspirer tout ton être.

Le goût acre de la déception grandissante
Du silence menant à la lypémanie
L’écriture – out of necessity.

Interdite 
La peur te gagne 
Que l’amour ne te prenne la vie.

Et les mots disparaissent
Et les sons se taisent
Et le monde te perd.

– archive 5.26


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