Fragile indépendance
Dont elle se pensait capable
C’est entre tes mains
Qu’elle se trouve ce soir.
Prémédité
Ton nom salivant dans sa bouche
De ton emprise
Elle était dévorée
De ton manque
Elle était adonnée.
Et l’erreur adviendrait
Quoi qu’il en soit.
Relation
Toxi-éperdue.
Relation
Fusio-passionnelle.
Son reflet dans le miroir
Elle s’entend dire : ne le fais pas.
Mais le souvenir de sa douleur noyée
Dans tes notes acidulo-sucrées
La ramène au plus près
Condamnée et enchaînée à tes côtés.
Les larmes d’un dégoût paralysé
Bien décidée à t’abandonner
Elle avait éprouvé un sentiment de fierté
Tout en le sachant passager.
Son visage nacré
Perdant toute dignité.
Le cœur rouge
Rouge d’amour-haine.
Elle était retombée
Dans les vieux penchants intoxiqués.
Souffrante du mal inexpliqué
L’existence en perte l’avait persuadée.
Lutte dépravée
Au prix de son être
La chaleur du liquide
Lui dicte les gestes irréguliers.
Frénésie d’une vie
Incertaine et indomptée.
Elle voudrait oublier
Son incapacité.
La faiblesse d’une facilité
Écœurée et contestée
La légèreté de son corps
Réanime ses idées hallucinées.
L’addiction ancrée
Naïvement minimisée
Lui fait comprendre
La grandeur des pulsions irraisonnées.
Et alors que la douce enivrance
Continue de torturer ses nuits
Que la douce intransigeance
Efface toute complaisance
Sur le nuage de coton
Ta chaleur diffuse contre sa peau
Rallume en elle une adoration démesurée
Pénétrant les cellules de son intérieur caché.
Pendant que le goût de la tentation permise
Fourmille et s’agite dans le sang coagulé
Vient à elle la culpabilité enfantine
De la bêtise commise.
La retenant tout contre toi
Pour lui bouffer l’estomac dès le lendemain
Tu la tords d’anxiété incontrôlée
Son coeur prêt à exploser.
Dans son esprit se mêlent
Des contradictions meurtrières
D’échec et de passion
De clémence et de déraison.
Démangeaisons de l’être
La dopamine lacérée.
Les yeux devenus secs
Le goût du danger amoureux regretté.
Elle titube dans le clair de la nuit
Se jurant qu’il en sera bientôt fini…

