Un endroit que je connais
Qu’il y a un an déjà m’a rempli de bruit
M’appelle comme évidence.
Y revenir pour me nourrir de silence
Des fantômes errants
Des corps sans visages.
Le bruit de l’insouciance
Est devenu menace intérieure
Catharsis de mes songes.
Désormais prisonnière de mon propre mutisme
Je tente l’expérience en quête d’inversion
Le vide accueilli et glorifié.
Ce soir, j’écrirai
Que le brut est beauté
Que le silence est existentiel.
De quinze à vingt
Je resterai au seize
Tête blonde comme point d’ancrage.
Les blocs de noirs vernis
Deviennent linceul des corps en perte
Des corps errants, des corps mouvants.
Décor dans lequel je me perds
Sans y trouver ma place
Torturée par le paraître immaculé.
La liberté d’être
Que je retrouverai dans le sous-sol d’à côté
Dans les pièces enfumées aux visages étrangers.
Les géométries du gris béton
Structurent mes pensées
S’évadant dans le bleu-ciel nuageux.
Que dois-je faire de mes mains ?
Triture les peaux mortes de mes ongles
Le pouls nerveux.
Angoissée par la prochaine action à venir
De ma tête plus vide encore
Aucune idée n’entre en résonance.
Par maladresse, j’ai perdu mes mots
Et de mes premières impressions
Ne restent qu’un semblant d’expérience.
Lassitude des idées échappées
Rend le récit sans âme ni utilité
The Quiet Space.
C’est sur ce banc de bois en chêne
Que mon corps se refuse
Seul objet incongru dans l’espace.
Toute réflexion évincée
Par les mauvais choix infligés
S’écarte de l’objectif – échoué.
Faisant de moi une bête imbécile
Qui dans sa tête ne trouve plus que des filaments détériorés
Désarroi de me voir si dépossédée.
Mais c’est dans ce lieu
Que je retrouverai le goût de la sagesse
Le plaisir des rencontres inopinées.
À quelques pas d’ici
Se trouvent les débuts de mes récits
Et alors je repense à cette nuit, Stev et goût citronné.
De mes doigts je caresse les murs
D’où s’effritent les particules des années
Poussière au creux de ma main.
Brûle en moi ce désir intérieur
Laissant toute raison écartée
Sous l’emprise de mes propres divagations.
Frustration de la réécriture
Mes notes seront dissonantes
Imparfaites et déstructurées.
Et seuls mes yeux deviendront matière à parler.

