Angoisse du pallier
La porte passée
Dépose mon sac et m’en vais
Te rencontrer.
Cette dernière nuit que je passe avec toi
D’où les mots sont absents
Dont les corps sont déchus
Au fond de ta gorge, triste rancune.
Asphyxiée par le silence de l’espace
Les minutes s’écoulent
De la chambre au salon
Tes pas lourds, tes pas déformés.
Malaise amène aversion
Évasion dans croissant de lune
Je m’éloigne et divague
Dans un imaginaire dépossédé de toi.
De ton corps, je me déloge
Amertume creusée dans yeux
Tente de me retenir par confusion oscillante
Me faisant t’abandonner, inévitablement démuni.
Tes yeux emplis d’incompréhension
Face à l’idylle de la barque échouée
Dans laquelle on se tenait à deux
Nos chemins séparés.
Vois-tu bien que vers l’arrière on se retourne ?
Que si nos forces s’opposent et se rejoignent
Le drame subsiste
Identités fragmentées – effondrées.
Dans ce lit partagé
Palpitations nerveuses
Ton cœur tapant contre le mien
Inversion des ordres s’accroche à moi.
Par trop de pleurs, par trop de doutes
De te savoir éloigné
Les coussins se diluent comme sucre dans eau
Sous la tourmente ruminée.
Et c’est ce soir que nos âmes s’éteignent
Ce soir qu’elles s’aiment
Fil rouge s’enveloppe autour de nos cou
Déconstruites, reconstruites.
C’est à la vie que je veux faire ton éloge
C’est près du souffle chaud que je veux rapprocher ton cœur
Nul besoin de mourir, de faire mourir
Quand demeure le désir d’apprendre à vivre.
Tes mots dans le creux de mon oreille
De mes mains saisis le rideau du paysage voilé
Et me porte à la lumière des jours bienheureux
D’une réalité qui nous est nôtre.
Dans mon corps, je te réintègre
Conscientise le possible d’un idéal
Cessez-le-feu à une guerre intérieure
Nos regards interceptés, déliés, libérés…
Ne serions-nous pas faits d’un seul et même être ?

