Ce matin, j’ai rencontré des abeilles
Tout près des fleurs, elles étaient heureuses,
Comme toi avec nous, quand tu étais là. 

Te rappelles-tu de ma combinaison d’apiculteur ?
Trop grande pour moi, je voulais faire comme toi. 
Ensemble, nous allions charmer Madame la Reine. 

Gâteaux de miel croqués à pleines dents,
Chaque jour dans ta maison était une fête.
Une liberté que le ciel m’avait permise. 

Midi, sur le pas de ta porte, j’imagine,
Cette cuisine au mur jaune moutarde,
Ce sol froid sur lequel je dansais.

Tes fenêtres fermées,
Les roses fanées,
Plus rien n’existe désormais. 

Les temps ont changé, j’ai grandi et tu es parti. 
Mes pensées tournées vers les cieux, 
Évadé, sans un mot, sans adieu, à ta manière. 

Souvenir douloureux, je te lisais ce poème. 
Écrit d’une jeune ado, j’angoissais,
Les yeux clos, j’ai pris ta main. 

Acquiescement par un son que seuls les anges ont entendu,
Tu t’es endormi sur ces mots. 
Il était trop tard, le ciel grondait.

Milieu d’après-midi, je longe le lac et aperçois un pêcheur au loin.
Tout me ramène à toi, comme cette eau si bleue, qui ressemble à tes yeux. 
Je m’arrête et me demande, serais-tu fier de moi ? 

Larmes coulent sous chaleur d’été, 
Stalactite de glace, 
Je suis devant la grotte aux fées.

Mon monde s’est écroulé, 
Culpabilité et regret, 
Gardien des terres, tu étais.

Promenades dans ce domaine qui était le tien, 
Des papillons bruns tournoient autour de moi,
Est-ce toi ? 

Pain au beurre salé, 
Doryphore sur pomme de terre, 
Je veux continuer de remplir la tirelire du jardin.

Mais la main verte m’ayant échappé, 
L’art m’a rattrapée, 
Et de nouveau, je t’écris, ce poème.

Rovorée


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