embraser l’ombre 

Allure modérée
Simplement pour débuter 
Trente minutes
Simplement pour dopaminer. 

Enlacée par l’obscurité naissante 
Confinée devant la lueur étincelante de l’écran 
Ses mouvements répétés, ses mouvements synchronisés
Dans l’acuité du mal à expier. 

La démarche vacillante 
Un mouvement brusque
Et c’est son monde qui s’effondre 
L’objectif est au centre. 

Les idées – elle les bouscule 
Croupissent dans le fond de son cortex 
Humble, elle les fait se révolter
155 BPM. 

Les muscles contractés 
Tout son corps engagé
La chaleur diffuse de ses joues 
Elle sent son pouls qui tape contre sa poitrine de verre. 

Écarlates deviennent ses yeux 
Le tremblement de son corps entier 
Elle s’est retrouvée en pleine intensité
Prête à les attraper.

Contrôler la respiration 
Car si elle devient trop forte 
L’évanouissement assuré
La fera plonger du mauvais côté. 

Dopamine 
Elle pourrait crever pour sa dose 
Dopamine 
Elle pourrait crever pour que la tension monte. 

Assécher la rationalité 
Faire dérailler son taux d’adrénaline 
Crever pour crever l’ennui lui-même 
Le vide est existentiel. 

Les signes deviennent étoiles filantes 
Elle embrasse l’ombre
163 BPM 
Les yeux humides, tout devient trop flou. 

Les profils qui se succèdent 
Le corps dans son ensemble
Les visages non identifiables 
L’expression toujours froide. 

Intensité 
Immensité 
Elle est dans la grandeur recherchée 
Et elles sont toutes là. 

Quatre figures 
Quatre figures alignées 
Les yeux ronds d’admiration 
Les yeux ronds d’appréhension. 

La rencontre délicate 
Insoupçonnée
La vision intérieure 
Inexplicable. 

L’ange – cette voix si pure
Lui demande de l’écouter 
Attentivement, doucement
Que l’écho de ses mots trouve les cellules correspondantes. 

Les corps consentants
Se fondent les uns dans les autres 
Elles se tiennent par la main 
Hésitante, elles se doivent d’être confiantes. 

L’idée est folle 
Mais elle semble juste 
L’idée est dangereuse 
Mais elle semble nécessaire. 

L’une d’entre elles
Ne peut se dissoudre dans le cœur des autres 
Elle se sait trop méfiante 
Elle se sait trop compromettante. 

Dépendante des émotions ressenties 
Source de sa créativité obsédante 
Le tunnel dans lequel elle se terre 
Couvre ses cris invalidés. 

L’être sacré
Recherche la symbiose d’une seule et unique forme 
Médusée par l’évidence
Elle songe à la coexistence.

Les formes indissociables 
Se trouvent pourtant dans une partie distincte
Il lui faut embrasser l’ensemble 
L’obscurité, l’incertitude, la lueur, l’action même. 

Son corps devenu coton 
Ses pensées devenues brume
Son être devenu le tout 
Elle inspire et rouvre les yeux. 


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