La rage au cœur – elle n’est pas loin 
La fièvre au front – elle est à côté de toi  
Le métal en bouche – elle t’habite
L’insuffisance respiratoire – elle te tient. 

Amer est le goût
Rigide est la décision 
Dissociative est l’acceptation
Volent en éclats toutes les tentatives de ta vie. 

Murmures du besoin de l’éternelle douleur 
C’est parce que tu l’empêches de la faire mourir 
Qu’elle te revient inlassablement.
Que pourrait-elle faire d’autre ? 

Abandonnée dans le huit clos de la misère 
C’est parce que sans elle, tu ne crois n’être rien 
Qu’elle te prouve son identité affirmée.
Que restera-t-il de vous sinon ? 

Folie passagère 
Meurtrie l’âme en quête 
Folie pérenne 
S’imprègne dans ton ADN. 

La plaie du petit agneau continue de suinter 
Elle te prie de l’excuser du mal causé 
Son sang dilapidé sur tes mains de porcelaine 
Un crime commis contre toi-même. 

Tu fermes les yeux, et elle est là 
Au coin du mur
Derrière la porte aux trois serrures 
Tu l’entends et tes membres se liquéfient. 

Tu fermes les yeux et… 
Le noir, le bleu, l’ocre 
Lumière blanchâtre te transperce
Enfuis-toi et n’y pense plus. 

Sa voix dans ta tête comme seul repère 
Son visage flouté par la violence de l’action
Ensemble, l’insurmontable franchit 
Honteusement, tu la regrettes. 

Coupable de son isolement 
Rendue prisonnière de ton incapacité 
Tu baisses la tête quand elle se tient là
Devant toi, fière et prête. 

La caméra continue de tourner 
Langue écorchée, langue déliée
Fond sonore vulgaire
Elle rêve et s’évade parmi les stars. 

Deux jours de noirceur 
Plus proche de l’ange déchu que du salvateur 
Deux jours d’horreur 
Le visage inondé de l’acide du sel des larmes. 

Trempée dans l’eau gelée
Pour en ressortir avec des coquillages dorés. 
Temps passé dans les archives imprimées  
Pour ressusciter le poids d’une trahison circulaire. 

Au travers de la survie obligatoire 
La recherche d’un peu d’humanité 
Au travers de la vie contrôlée 
La recherche d’un peu de liberté. 

Demander la rédemption 
Songer au pardon 
Retourner devant la porte 
Tourner la serrure prochainement. 

Elle te parlera
Et tu l’écouteras 
Sans détourner ton attention 
Dans les malheureux schémas imposés.

Tout ne sera plus que cendres  
Mais tu la retrouveras
Sauve et un peu amochée 
Des années qui se sont écoulées. 

Elle regagnera ton cœur 
Et tu la berceras de douceur 
Tu prendras ton rôle en main 
Et enfin, tu en prendras soin. 


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