Rideaux roses,
Une montgolfière dessinée près de ta fenêtre
Maman ne sera pas contente, elle repeindra le mur
D’un blanc strident, d’un blanc lisse, d’un blanc que rien ne pourra tâcher.
Quatre murs blancs,
Dans lequel tu t’enfonces,
Quatre murs blancs,
Dans lequel tu t’enfermes.
Cris et coups,
Éclats de verre passent à travers la porte du salon.
Le sang des Playmobil coule sur le sol marron.
Un jour, ce sera terminé.
Mais jamais vraiment,
Des souvenirs éparpillés, des souvenirs faussés
Tu t’en rappelleras, partiellement.
Couette ensevelit le corps du petit enfant.
Ferme les yeux et imagine, réinvente
Les étoiles scintillent autour de ta tête
Une promesse que tu t’es faite,
Tu construiras ta vie à toi.
Bouquets d’ortie en fleurs,
Contrôle l’humeur de papa,
Rythme votre vie toute entière
Tu lui en voudras, mais il te dira, que tu ne comprends pas.
Petit corps d’enfant deviendra grand,
Un vide au creux du ventre, ton existence sera à prouver
La couette, continuera d’ensevelir ton corps.
Et ta tête, sera fractionnée, entre désir et abandon.
Ces quatre murs blancs, tu les retrouveras
Partout, autour de toi, toujours et tout le temps
Asphyxiée, tu manqueras d’air
Avec tout le monde, à chaque heure.
Sur ce sol froid, tu t’allongeras
Et encore une fois, les yeux fermés
Tu t’imagineras, autrement
Heureuse et entière.
On te demandera ton rêve,
Tu répondras celui d’être en vie.
On te demandera ton objectif
Tu répondras celui d’oublier.
Cette montgolfière,
Tu ne la dessineras plus
Prisonnière de ces maux, la liberté t’a échappée.
Mais elle t’attendra, quelque part au loin.
Et un jour, tu la retrouveras….