Vieillir et prendre de l’âge, 
Voir le temps s’écouler,
Ne rien pouvoir faire. 

Témoin de ce corps qui est le mien, 
Je le vois se tarir peu à peu, 
Le teint pâle, je me replie et ferme les yeux. 

Tourner, se retourner, encore et encore, 
Jusqu’à la nuit tombée,
Le sommeil évaporé.

Je me lève et l’observe,
Combien de temps lui reste-t-il ? 
Ne pas y penser, ne plus y penser. 

Il est déjà trop tard,
L’angoisse me parvient, 
Effroi dans glace, griffures sur visage. 

Beauté juvénile s’efface, 
Pensées reviennent sans avertissement, 
Le dégoût habite l’espace.

Les minutes s’écroulent, 
Comme mon corps, 
Comme mon être. 

Face au miroir, 
Que je déteste, que j’aime, 
Je me regarde, je le regarde. 

Agonie passagère, agonie me transperce, 
Fatalité de la vie, 
Âge d’expiration.

Vingt-cinq ? 
Brusquement, soudainement, 
Paralysée, je suis. 

Quand les rides me parviendront, 
Quand mes cheveux tomberont, 
Que me restera-t-il ?

Mon corps flétri, 
Ma peau rongée par l’usure, 
Mes mains abîmées. 

J’imagine alors, 
M’effacer avec ce doux visage d’enfant, 
Pour y échapper, pour l’éviter. 

Ce soir, la peur me saisit, 
Tambourine dans ma tête, 
Noie mon esprit. 

Et la voilà qui s’effondre, 
Sans un bruit, sans un geste,  
Petite fleur se meurt silencieusement.

Avril 29.


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